Sarclo s'arrête à La Pointe Emmaüs pour nous chanter ses chansons tendres et/ou féroces.
Sarclo coule sa vie à l’image d’une chanson. Quand il vient sur la scène, bardé des vingt-sept cordes de ses quatre guitares, c’est pour y déballer ses cadeaux secrètement déguisés en chansons, méticuleusement articulées aux entournures, les deux pieds dans la boue du monde et des cailloux dans les cheveux.
Chaque chanson est comme une marionnette imaginaire qu’il manipulerait élégamment pour la rendre vivante. Je tiens toutes ces informations de la bouche même d’un de ses harmonicas. A chaque fois, déglingué proprement, raturé comme il faut, selon l’endroit ou le feeling du public, son groove chahute le dancefloor.
Sarclo est le seul artiste qui ait réussi à me chanter du Dylan sans que je m’en aperçoive, juste parce que les mots me parvenaient lisses et cabossés, dignes et pertinents, juste parce que tout semblait sortir de ses yeux par les mêmes chemins que quand il nous engueule…
Christian Paccoud